23 novembre 2009
Putain de toi
Arrêtez de criminaliser les travailleurs du sexe !
Communiqué de presse du mardi 20 octobre 2009.
Le journal en ligne La Dépêche publiait le 17 octobre dernier un article relatant l'arrestation d'une escort, pour racolage sur internet. Jean-Noël Gros, l'auteur de l'article, précisait que cette arrestation avait été rendue possible par l'application de l'article L 225-10-1 de la loi n° 2003-239 du 18 mars 2003, relative à la sécurité intérieure (LSI). Pourtant, si l'on se rapporte à la circulaire d'application de la LSI, datée du 3 juin 2003, le délit de racolage public est présenté comme un moyen de garantir la tranquillité publique, en débarrassant les rues de toutes manifestations sexuelles ostentatoires. Mais la sollicitation des clientes et des clients sur Internet ne s'affiche pas aux yeux des passants. Elle est confinée aux sites spécialisés, qu'on ne consulte pas par accident. On ne voit pas très bien, dans ces conditions, ce qui peut motiver son interdiction, si ce n'est la volonté délibérée d'empêcher les escorts de travailler.
Or, il n'est pas interdit en France de se livrer à des rapports sexuels tarifés : la loi française ne proscrit pas la prostitution. D'ailleurs, l'État reconnaît bien la prostitution comme un travail puisqu'elle est soumise au régime fiscal. Dans ce contexte, l'affaire toulousaine constitue une violation de l'un des droits humains proclamés dans l'article 23 de la Déclaration des Nations unies de 1948, : le droit au travail. Elle ne paraît choquer personne. Même les plus sensibles au respect des droits humains demeurent indifférents. Il faut croire que la prostitution reste une activité dont il est tellement évident, pour la plupart des gens, qu’elle doit être empêchée, qu’on peut se permettre de vouloir l’interdire en infraction à un droit fondamental, sans prendre la peine de justifier cette position.
Alors que tous/tes les travailleurs/ses sont confronté/e/s à la situation de crise économique et que les gouvernements font leur possible pour éviter une situation de chômage et de pauvreté catastrophique, la répression du travail sexuel, lequel constitue une solution financière intéressante pour les minorités et les femmes appartenant aux classes populaires, réalise une avancée considérable en s'attaquant à la prostitution via internet. En l'occurence, l'argument de la défense de la dignité humaine, au risque de sacrifier les libertés fondamentales de la personne dont la dignité serait menacée, sensé justifier l'existence du délit de racolage public est difficilement soutenable dans ce cas. En effet, sauf à considérer que proposer des services sexuels sur internet est contraire à la dignité humaine, il n'y a pas de motif qui puisse justifier son interdiction. De plus, les sites de rencontres sur internet servent précisément aux prostitué/e/s à se protéger des dangers liés au racolage de rue (arrestations policières, agressions physiques, vols, humiliation ou encore proxénètes) et, en cela, criminaliser l'usage d'internet entre en contradiction avec les objectifs de la LSI.
Le STRASS exige :
la cessation de l'hypocrisie du gouvernement français concernant la prostitution.
la décriminalisation de tout acte sexuel entre adultes consentants.
l’abrogation de toutes les lois sur la prostitution.
le respect des libertés fondamentales des travaileurs/ses du sexe.
http://www.strass-syndicat.org/
22 novembre 2009
Les méfaits des Jeux vidéos
17 novembre 2009, Beauvais
Un élève de 13 ans à l’Institution du Saint-Esprit de Beauvais dans l’Oise a quitté son domicile mardi armé d’un fusil chargé. Il voulait tuer ses professeurs.
C'est un bon élève issu d’une famille sans histoires, le collégien, adepte des jeux vidéos
18 novembre, Stade de France
OH LA LA ! L'Irlande crie au scandale et avec
raison. Car sur le but de Gallas, Henry récupère et bloque le ballon
pour lui-même avec la main gauche, ce qui n'a échappé à aucun des
joueurs irlandais présent dans la surface. Le but tricolore n'aurait
pas dû être validé par M. Hansson. (film du match RMC Info)
Ce n’est pas un tricheur. Il fait une grosse faute de main, mais il ne faut pas l’accabler plus que cela. C'est un adepte des jeux vidéos.
Je n'ai rien contre Titi, ce n'est évidemment pas de sa faute. Il était 23h14 le match avait commencé à 21h01. Ce qui est fait est fait, cette main restera l'un des moments forts de la carrière de ce footballeur, qui est l'un des meilleurs joueurs de jeux vidéos.
18 novembre 2009
Vade retro Zacharias
Tiens forcément, lui il est jamais loin.
Alain Minc : Il a fait en cinq ans ce que d'autres ont accompli en vingt-cinq ou trente ans. Il était normal de lui octroyer un rattrapage de salaire
Aujourd'hui, la justice peut en décider autrement et dire que les dirigeants d'une société par actions ne peuvent profiter librement des bénéfices générés par le travail de tous. Dire que la perenité d'une entreprise repose sur le partage des profits et sur le réinvestissement.
Mais il serait pour cela nécessaire que tous les administrateurs soient également poursuivis.
Dans ce cas précis de Vinci, les bénéfices sont le résultat d'une politique tarifaire à la hausse qui devrait profiter à la collectivité et non au seul profil du concessionnaire et de son président.
Qui abus à toujours soif
C'est de la faute à la mondialisation. C'est la désindustrialisation. Et bla, bla, bla. Jamais de notre faute, de notre incompétence ou de notre cupidité. Nous ne pensons pas à pérenniser l'entreprise mais nous en mettre plein les poches. Autant qu'un chanteur ou qu'un footballeur (car nos références ne volent pas hauts). Selon l'adage du MEDEF : qui a bu à toujours soif.
Informations judiciaires contre Thales
[...] Le parquet de Paris a ouvert hier deux informations judiciaires contre Thales, pour corruption, abus de biens sociaux, favoritisme, complicité et recel de ces délits, suite aux dénonciations de Michel Josserand, ex-PDG d'une filiale du groupe d'électronique de défense. [...]
Enquête sur le parachute doré de Forgeard
[...] Après l'accusation de délit d'initié, voici le soupçon d'abus de biens sociaux. Noël Forgeard voit un nouveau front judiciaire s'ouvrir. Comme l'a annoncé hier Capital.fr, une enquête préliminaire a été ouverte fin avril par le parquet de Paris sur les indemnités de départs perçues par l'ex-PDG d'EADS. [...] Forgeard avait touché 8,5 millions d'euros en juillet 2006. La décision du parquet fait suite à une plainte déposée le 18 avril par un petit actionnaire d'EADS, Albert Torjman, pour abus de biens sociaux. (AFP). [...]
Tags : • Abus de biens sociaux
Enquête sur les actifs d'Air Lib
[...] Le parquet de Paris a ouvert le 26 février une enquête préliminaire sur les transferts d'actifs de la compagnie aérienne française Air Lib, a-t-on appris hier de source judiciaire. Cette enquête vise des faits présumés d'abus de biens sociaux. Elle porte notamment sur sept avions que possédait la compagnie aérienne et qui sont passés sous le contrôle d'Erik de Vlieger, l'investisseur qui avait renoncé début février à la reprise d'Air Lib. [...]
La cession partielle de Ronal déclarée
[...] Cette judiciarisation du conflit a contraint le groupe à négocier. La mort dans l'âme, l'avocat a retiré ses procédures en échange des 3 millions d'euros. Reste tout de même une information judiciaire pour escroquerie et abus de biens sociaux ouverte par le parquet de Sarreguemines. [...] 36 emplois sont sauvés sur le site de Bitche où la division sanitaire de la société, qui commercialise des cabines de douche, sera reprise par l'un des cadres. Par contre, les 164 personnes employées à Saint-Avold pour la fabrication de jantes automobiles en alliage recevront bientôt leur lettre de licenciement. [...]
L'ex-PDG de Moulinex «licencié économique»
[...] Trésorerie. Qu'il obtienne ou pas satisfaction devant le tribunal, Patrick Puy n'en aura de toute façon pas fini avec l'affaire Moulinex. Car l'ex-PDG reste mis en examen dans ce dossier, de même que Pierre Blayau, son prédécesseur. En 2003, le parquet de Nanterre avait ouvert une information judiciaire pour abus de biens sociaux, banqueroute par détournement d'actifs et emploi de moyens ruineux, abus de confiance et présentation et publication de comptes annuels inexacts. [...]
Enquête à Gooding-Creutzwald - Tout savoir sur les dernières actualités politiques, monde, société, sports, écologie ave...
[...] parquet de Metz pour abus de biens sociaux et banqueroute par détournements d'actifs concernant la société Gooding (ex-Grundig) à Creutzwald. Cette ouverture intervient trois jours avant l'audience du tribunal de Metz qui doit décider de l'avenir de l'entreprise de téléviseurs, en dépôt de bilan depuis juin 1995, et de ses 371 employés. [...] Le parquet cherche à savoir où sont passés 30 millions lors du rachat de Grundig par un industriel gallois, Alfred Gooding. [...]
Tags : • Metz
Rémunérations abusives
Enfin. Oui, c'est une très grande nouvelle.
L'ex-PDG de Vinci, Antoine Zacharias, a été cité à comparaître par le parquet de Nanterre pour "abus de biens sociaux".
Courant juin 2006, des actionnaires de Vinci avaient déposé plainte à Nanterre pour "abus de biens sociaux". Le parquet de Nanterre avait ouvert une enquête préliminaire, confiée à la brigade financière qui avait entendu Antoine Zacharias le 9 avril dernier.
La citation délivrée par le parquet porterait notamment sur des plans de stock options successifs dont a bénéficié M. Zacharias, en 2004, 2005 et 2006, et "dont la plus value potentielle au 1er juin 2006 a été estimée à 92,4 millions d'euros". Forcé à la démission le 1er juin 2006 sous la pression du conseil d'administration du groupe de BTP et de concessions autoroutières, M. Zacharias avait aussi touché une indemnité de départ s'élevant à 12,870 millions d'euros.
Voir la dépêche AFP.
17 novembre 2009
C'est quoi un blog ?
Rançon du succès ou rencontre socialisante (de socialiser pas de socialiste, quoique) j'ai été taggué par Lediazec de chez Ruminances dans une chaîne lancée par Partageons mon addiction.
Un blog c'est un journal que l'on écrit en direct - l'écriture et la publication sont simultanées. CeriseLibertaire, c'est mon brouillon d'idées. Plus tard, je reviens sur des billets anciens, corriger une phrase, un tag.
Tiens, ça j'aime bien les tags. C'est un moyen de lier des idées, de mettre à jours des thèmes, de classer, de mettre en perspective.
J'ai commencé ce blog parce que :
- Je baisais moins
- J'ai changé de boulot et je peux proscratiner.
- J'ai commencé à laisser des commentaires sur des blogs et j'ai voulu me faire connaitre.
- J'ai déménagé et mes bouquins étant dans des cartons je voulais jeter toutes mes idées sur l'écran.
J'ai donc choisi le terrain politique et l'approche libertaire et anarchiste de la question du pouvoir.
Magnifique idée qui va rencontrer un jour, le 10 septembre 2008, l'affaire de Tarnac qui est toujours mon jour le plus visité. Pic isolé de fréquentation.
J'ai rencontré quelques lecteurs fidèles (ce qui m'étonne) et je reste mon premier lecteur (ce qui m'étonne moins).
Je ne me relis pas (peut-être ce soir). A bientôt.
C'est non - Nicot
La série une génération à la barre continue : après Julien Coupat, Jérôme Kerviel, Fabrice Burgaud, Florian Bourges, nous intégrons 2 nouveaux héros.
Antoine SAOUT, dit « Tonio292 », 26 ans et originaire du Finistère, entre dans l’histoire en devenant le 2ème joueur français à atteindre la table finale du plus grand tournoi au monde. Son parcours, semé d’embûches, l’a amené à surpasser les 6485 joueurs éliminés durant ces 8 jours de compétition acharnée.
Il finit 3ème après 2 bad beats successifs et repart avec un prix de 3,5 millions de dollars.
Tony Musulin, 39 ans, un convoyeur qui disparaît avec 11 millions d’euros, sans tirer un coup de feu, sans verser de sang, sans menacer personne, fait figure de héros comme on le voit sur internet où Tony Musulin est célébré comme Robin des Bois, comme un Arsène Lupin, comme un symbole populaire (Le mague)
Depuis il a oublié 9 millions en route, il en reste 2,6 et il s'est rendu à la police. "Il nous prend pour des crétins", souffle un policier. Avec les remises de peine, Musulin ne restera sans doute pas plus d'un an et demi derrière les barreaux. Et il pourra récupérer, à la sortie, les 2,6 millions d'euros introuvables, un butin que les policiers le soupçonnent d'avoir planqué en Serbie.
Mais nous nous continuerons à apprendre à nos enfants à ne pas regarder dans l'assiette des autres et à apprendre la frustation : c'est non de Nicot.
13 novembre 2009
Burqa, droit et liberté
A vous le mari de la femme dans la burqa je vous le dis, si vous voulez être tranquille vivez dans un pays qui applique la loi coranique, car ici les hommes en bleu sont les maitres de la voie publique (excepté dans certaines cités).
Donc ceux-ci peuvent, dans certaines conditions contrôler l'identité de votre femme et donc voir son visage. Et ceci n'est pas considéré comme un blasphème ou une atteinte excessive à la liberté de l'individu.
Maintenant faut-il ou peut-on interdire préventivement la burqa sur la voie publique. Ci dessous l'avis de 3 juriste le monde.
M. Carcassonne, le législateur pourrait poser le principe selon lequel "on n'a pas à se dissimuler quand on est en public", en prévoyant des exceptions concernant, par exemple, le groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), ou les périodes de carnaval.
D'autres doutent fortement de la viabilité de cette piste. "Si l'ordre public nécessite de pouvoir reconnaître les identités, on ne peut pas imposer aux citoyens d'être en état de contrôle permanent", a souligné M. Schwartz devant la mission parlementaire. "Cela voudrait dire que l'espace public est un espace où chacun doit être identifiable à tout moment, comme s'il s'agissait d'une vaste zone de vidéosurveillance. On entrerait dans une autre société", affirme Danièle Lochak, professeur de droit public à l'université de Paris-X-Nanterre, qui évoque un "fantasme assez fou".
On peut relever au contraire que cette interdiction a été voté en Belgique : On peut y lire ‘qu’il est interdit de dissimuler le visage ou de se trouver déguisé, grimé ou travesti sur la voie publique ou dans les lieux accessibles aux public, sauf autorisation le port du masque est interdit‘.
Je m'interroge : comment peut-on sans se contredire tolérer le masque de moto intégral (ou le masque chirurgical de la grippe) et interdire de se dissimuler le visage?
Logiquement (et c'est la logique libérale qui est encore utilisé dans le raisonnement juridique), ces lois et réglements sont non-constitutionnels et seul doit être conservé l'exigence de justifier son identité en cas de contrôle.
PS : l'interdiction de la burqa doit être considéré comme une restriction de la liberté de circulation.
PS : il est possible que le juge constitutionnel ou administratif sous la pression du débat social considère l'identité national comme un élément de l'ordre public. Et mon cul sur la commode également.
12 novembre 2009
Le droit divin est une prémisse dont l’écartèlement est la conséquence.
J'adore cette phrase. Est-elle bien de Victor Hugo ? Je la trouve sur wikisource mais pas ailleurs.
Le roi de France, insistons-y, était purement et simplement Dieu. Dieu à la lettre.
Une pénalité proportionnée veillait sur lui, et le gardait. Une fois, ce Dieu s’appelait Henri IV, un homme lui cassa une dent. On ne put faire moins que d’écarteler l’homme. Il faut observer les convenances. Une autre fois, ce dieu s’appelait Louis XV, un homme l’égratigna avec un canif, il fallut bien encore écarteler l’homme. Le dieu Henri IV avait eu peu de dommage ; il écrivait après sa dent cassée : « Il y a, Dieu merci, si peu de mal que pour cela nous ne nous mettrons pas au lit de meilleure heure. » Le dieu Louis XV avait eu moins de mal encore ; pourtant il se mit au lit et appela un confesseur. Ces dieux-là ont besoin de confesseurs.
Quant aux écartelés, le premier était un enfant, il avait dix-huit ans ; le second était un fou. L’enfant, Jean Châtel, fut vite disloqué. Cette mise en pièces d’un adolescent par quatre percherons bien ferrés et bien fouettés, comme dit Claude Esquivel, ne dura guère que vingt-cinq minutes. L’autre, le fou, Damiens, vigoureux homme de quarante-deux ans, donna plus de peine. Il y eut là, c’est un courtisan qui parle, le duc de Croy, quatorze heures terribles.
Le supplice de Damiens en effet, 28 mars 1757, commencé à trois heures trois quarts du matin par la torture, dont il fut moulu, selon le même duc de Croy, continue toute la journée par l’amende honorable, le poing brûlé au soufre, le tenaillement au fer rouge, le plomb fondu, la poix enflammée et l’huile bouillante, et finit à dix heures du soir par l’arrachement des quatre membres. L’homme est fort, cet arrachement est dur, deux conseillers de grand-chambre, Pasquier et Severt, président au supplice. Les quatre chevaux tirent depuis trois quarts d’heure ; l’homme s’allonge sans se casser. À cinq heures, il avait sept pieds de long, dit un témoin, le greffier criminel Le Breton. Les chevaux sont fatigués. Le bourreau propose le dépècement de l’homme. En Hollande, on s’en était contenté pour Balthazar Gérard. En France, c’est autre chose. Severt répond : le zèle pour sa majesté ne le permet pas. Il faut l’arrachement. On ajoute deux chevaux. Les six chevaux tirent, par secousses, trois quarts d’heure encore. Cela fait une heure et demie de tirage. Le patient hurle, les juges causent. Ils suivent d’une fenêtre les phases de la chose. — Ah ! dit Pasquier, la cuisse gauche vient de partir. — Le peuple bat des mains, répond Severt.
Atrocité ! Pourquoi ? dites : Logique. Le droit divin est une prémisse dont l’écartèlement est la conséquence.
Pourquoi je parle de ça? Parce que c'est encore et toujours d'actualité bien sur.
11 novembre 2009
Je suis un insoumis
Expert en fanfaronnades de mauvais goût, le maestro sut pourtant tenir son rang en toutes circonstances. Se marrer oui, déconner comme un beauf, mais ne pas se carapater quand la France rancie vous défie de toute sa lourdeur. En janvier 1980 à Strasbourg, c'est seul sur scène que Gainsbourg chantera l'hymne national devant 200 parachutistes venus en découdre. Auparavant, il avait veillé à mettre à l'abri ses musiciens rastas. «Je suis un insoumis... et qui a redonné à «la Marseillaise» son sens initial !», hurle-t-il alors, frêle, visiblement ému et tout à fait émouvant, avant d'entonner poing levé l'air fameux de Rouget de Lisle.
Attaqué peu de temps auparavant par un «Figaro» ne rechignant pas à jouer entre les lignes de stéréotypes antisémites, l'auteur d'«Aux armes et cætera» avait ce soir-là retrouvé la colère de Lucien Ginzburg, son vrai patronyme, l'enfant de 12 ans qui porta l'étoile jaune. On laissera ceux qui ne voulurent voir là qu'une fumisterie nihiliste de plus à leur manque de sens du kairos, cet instant décisif identifié par les anciens Grecs. Gainsbourg, une passion française qui fut si intense et demeura cependant si fragile.
Aude Lancelin
Le Nouvel Observateur
