Le blog libertaire et anarchiste de NicoCerise

Je ne suis personne et personne ne me suit.

19 octobre 2008

La fourmi de Robert Desnos

Dimanche, jour d'inaction. Rien ne nous empêche de réfléchir, lire et se rappeler de ceux qui un jour ont dû agir.

Je chante ce soir non ce que nous devons combattre
Mais ce que nous devons défendre.
    Les plaisirs de la vie.
        Le vin qu'on boit avec les camarades.
            L'amour.
                Le feu en hiver.
                    La rivière fraîche en été.
                        La viande et le pain de chaque repas.
                            Le refrain que l'on chante en marchant sur la route.
                                Le lit où l'on dort.
                                    Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain.
                                        Le loisir.
                                            La liberté de changer de ciel.

                                             

Le sentiment de la dignité et beaucoup d'autres choses
Dont on refuse la possession aux hommes.

Robert Desnos en février 1938

Je suis le veilleur de la Poterne des Peupliers.
Le vent du sud m'apporte une fumée âcre,
Des rumeurs incertaines et des râles
Qui se dissolvent, quelque part, dans Plaisance ou Vaugirard.
Au sud, au nord, à l'est, à l'ouest,
Ce ne sont que fracas de guerre convergeant vers Paris.

Robert Desnos   Le veilleur du Pont-au-Change


Une fourmi de dix-huit mètres

Avec un chapeau sur la tête,

Ça n'existe pas, ça n'existe pas. 

Une fourmi traînant un char

Plein de pingouins et de canards,

Ça n'existe pas, ça n'existe pas. 

Une fourmi parlant français,

Parlant latin et javanais,

Ça n'existe pas, ça n'existe pas. 

Eh ! Pourquoi pas ?

Robert Desnos La fourmi


Posté par nicocerise à 10:50 - De la poésie - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Encore une

    "Le plaisir des morts est de moisir à plat."
    Robert Desnos

    Posté par parkane, 20 octobre 2008 à 15:09
  • Et Prévert de lui répondre

    Martyr c'est pourrir un peu

    Posté par nicocerise, 20 octobre 2008 à 17:27
  • J'aime beaucoup le premier texte de Desnos que tu proposes. J'aime beaucoup l'idée du combat...de défense ! Je ne suis ni libertaire ni anarchiste (c'est peu de le dire), mais je me lève chaque matin avec chevillé au ventre, le sentiment de partir au combat, d'être un "petit soldat" d'une cause tellement bafouée qu'elle me semble parfois perdue d'avance ...
    Mais si les éveillés se reposent, si les clairvoyants ferment les yeux, si le vigilants s'assoupissent... qui ira se battre ? Qui se levra pour la dignité ? et pour toutes ces autres choses que l'on refuse encore si souvent aux femmes et aux hommes ?

    Posté par Martine PM, 22 octobre 2008 à 23:08
  • @Martine : tu sais Libertaire n'est pas un gros mot, ni une maladie. C'était au siècle dernier un mot trés beau dont beaucoup d'hommes sensibles se sont revendiqués (A toi de trouver les femmes). Essaye demain matin de te regarder dans la glace en disant "je suis libertaire". Qu'est-ce que l'on ressent ?

    Posté par nicocerise, 22 octobre 2008 à 23:24
  • Mais... je ne le prends ni pour un gros mot, ni pour une maladie. Je le connais et le respecte, ce mot ! Et je considère la liberté comme un bien précieux, si précieux que j'imagine assez bien que des hommes et des femmes veuillent lui donner une dimension "absolue", la plus large, la plus radicale possible. Je voulais seulement être honnête, dire que d'autres idées (à côté de la liberté, pas à sa place, avec elle) éclairent ma vie.
    Et si je me dis "Je suis libertaire" en me regardant dans la glace... il me semble seulement que je suis en train d'usurper une identité respectable, c'est sûr, mais qui ne "colle" pas avec mes vrais ressentis. Comment te dire ? Je crois que suis trop .. "pragmatique" pour être Libertaire.
    Mais l'exercice était sympa, c'est vrai. C'est très intéressant de se décentrer, au moins d'essayer ! Et toi, as-tu déjà essayé de te regarder dans ta glace en te disant: "Je suis féministe" ? Essaye, tu vas voir, ce n'est pas mal non plus....

    Posté par Martine PM, 24 octobre 2008 à 23:46
  • @Martine : j'ai également l'impression d'usurper une identité en me regardant prononcer "Je suis libertaire". J'ai seulement choisi cet idéal pour analyser qui je suis. Il faut être exigeant avec soi même. J'ai essayé je suis féministe. Cela m'a moins pertubé mais le problème c'est que dans la vie quotidienne je suis un homme.

    Posté par nicocerise, 25 octobre 2008 à 11:34

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