Le blog libertaire et anarchiste de NicoCerise

Je ne suis personne et personne ne me suit.

03 octobre 2010

Maréchal Ducono

Maréchal Ducono se page avec méfiance,

il rêve à la rebiffe et il crie au charron

Car il se sent déjà loquedu et marron

Pour avoir arnaqué le populo de la France.

 

S'il peut en écraser, s'étant rempli la panse,

En tant que maréchal à maousse ration,

Peut-il être à la bonne, ayant dans le croupion

Le pronostic des fumerons perdant patience ?

 

À la péter les vieux et les mignards calenchent,

Les durs bossent à cran et se brossent le manche :

Maréchal Ducono continue à pioncer.

 

C'est tarte, je t'écoute, à quatre-vingt-six berges,

De se savoir vomi comme fiotte et faux derge

Mais tant pis pour son fade, il aurait dû clamser.

[1944]

À la caille (1944-1945)

Robert Desnos dont vous retrouvez l'histoire chez caligrafias le blog de Rosario Duarte da Costa

Se pager : se coucher (le pageot - le lit)

Rebiffe : Ca été des gens sacrifiés sur toute la ligne. Si bien que ceux qui se sont rebiffés en 1917 ont toute ma sympathie. Jean Vautrin

Crier au charron crier avec violence, se plaindre

Loquedu nul, minable, laid, pas beau, vilain, en loques

Marron : pris en flagrant délit

Maousse : tutti rikiki maousse costo

Croupion : cul

Fumeron : je pense sans en être sur à cette définition Personne (jeune?) qui n'a pas d'argent, pas de valeur sociale 

A la péter : non pas lacher un vent mais avoir faim

Calencher : mourir

Se brosser le manche : on a se brosser le ventre avoir faim, se brosser manquer de, ne pas manger

Fiotte : homme peu viril ; petite canaille, homme sans épaisseur ; pédéraste efféminé, passif ; minable, pas courageux ; terme très méprisant désignant un pédéraste passif 

Derche (faux) : faux cul, hypocrite

Fade : part du butin

Clamser: mourir

A la caille : on la caille comme la racaille, les voyous et avoir à la caille qui signifie ne pas aimer en avoir après quelqu'un.

C'est une lecture réjouissante et qui donne envie de voir tous les maréchals Ducono partir à la retraite anticipée.

Posté par nicocerise à 18:22 - Commentaires [8] - Permalien [#]
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Commentaires

    Voir également ce lien http://poetesvospdf.hebergratuit.com/desnos_robert__poemes_et_bio_.pdf

    Posté par nicocerise, 03 octobre 2010 à 19:14
  • « Pour avoir arnaqué le populo de la France. » :


    Vous êtes sûr que Desnos a écrit cet alexandrin de 13 syllabes ? Ce ne serait pas plutôt "populo de France" qui, en plus, me semble couler beaucoup mieux ?

    Sinon, je trouve tristement symptomatique de notre époque de décérébrés que vous vous sentiez obligé (et hélas à juste titre, je le crains) de donner les définitions de tous les mots employés ici...

    Posté par Didier Goux, 03 octobre 2010 à 19:36
  • @Didier Goux : le lien que je fais vers caligrafias vous donne la réponse. Avant de réécrire Desnos pensez-y. Les décérébrés vous saluent de leur mépris.

    côté alexandrins, Desnos s'embrouille souvent avec la métrique et certains de ses vers ont treize pieds... À ceux qui le lui feront remarquer, intellectuels ayant digéré leurs classiques, Desnos rétorquera : « Je ne suis pas philosophe, je ne suis pas métaphysicien... Et j'aime le vin pur »

    Posté par nicocerise, 03 octobre 2010 à 20:03
  • Bien que je sois probablement décérébré de naissance, ce qui ne s'est pas arrangé avec l'âge, j'arrive encore à lire Desnos dans le texte (nèzebâââ, enfin merde koâ).

    Mais j'ai beaucoup aimé ton système de notes explicatives, qui s'accorde bien avec l'esprit de Desnos...

    Car je n'oublie pas que l'esprit est la treizième syllabe de l'alexandrin.

    Posté par Guy M., 06 octobre 2010 à 19:56
  • @Guy M. : je n'écris que pour vous

    Posté par nicocerise, 07 octobre 2010 à 22:19
  • Fumerons = pieds

    Les fumerons sont des pieds,

    ici impatients de botter un derrière.

    Posté par Cochonfucius, 25 janvier 2012 à 15:32
  • @cochonfucius : il y a des coup de fumerons au cul qui se perdent. Merci de votre précision.

    Posté par nicocerise, 25 janvier 2012 à 23:36
  • Certificat

    En vertu des pouvoirs qui nous sont conférés,
    Nous donnons pour certain (notre plume l'atteste)
    Que les mots « Maréchal Ducono », puis le reste,
    Sur nous-même, Pétain, ont été proférés.

    Posté par Maréchal Ducono, 27 août 2017 à 09:52

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