20 juillet 2009
Je pense donc je ne suis pas
C'est fou ce que l'on ingurgite d'idées reçues. Par exemple cette descarterie "Je pense donc je suis", unique mémorisation de la pensée de Descarte qui fait dire à tout le monde : moi je suis cartésien.
Alors que la vérité est de dire : "Je pense donc je ne suis pas"
La preuve avec Prévert.
LE GUIDE :
Suivez le guide !
UN TOURISTE :
Je suis le guide.
SON CHIEN :
Je suis mon maître.
UNE JOLIE FEMME :
Je suis le guide. Donc je ne suis pas une femme puisque je suis un homme.
LE TOURISTE :
Je suis cette jolie femme.
SON CHIEN :
Et moi aussi je suis cette femme, puisque je suis mon maître.
LE GUIDE :
Suivez le guide. Moi, je ne suis pas le guide, puisque je suis le guide.
LE TOURISTE :
Je voudrais bien savoir qui est cette jolie femme que je suis.
SON CHIEN :
Je ne suis pas mon maître, puisque je suis mon maître et que cela m'ennuie.
LA JOLIE FEMME :
Je suis le guide, je suis la foule, je suis un régime, je suis la mode, je ne suis plus une enfant... Oh ! J'en ai assez ! Je ne suis plus personne.
(elle disparaît.)
LE GUIDE :
Oh ! J'en ai assez ! Je démissionne.
(il disparaît.)
LE TOURISTE :
Oh ! Je ne suis plus le guide, je ne suis plus un homme, je ne suis plus une femme, je ne suis plus rien.
(il disparaît.)
LE CHIEN :
Enfin ! Je ne suis plus mon maître, donc je suis mon maître et je ne visiterai pas les châteaux de la Loire !
C'est fini, à bientôt.
22 juin 2009
J'appelle bourgeois quiconque pense bassement
Je ne me permettrais pas de commenter cette formule attribuée à Flaubert, et je vous invite à visiter le blog Poéthique.
17 mai 2009
Dernières politesses
Le dix millième lecteur, ça se fête, est arrivé ce matin après les 12 coups de minuit avec sa recherche "first fucking". Tu as gagné une boite de capote dédicacée par le pape treize et trois spéciale trou du cul.
Concernant le billet du jour, comme c'est dimanche, jour sans travail, je devrais mettre en ligne la suite du texte "Soyez polis" de Jacques Prévert
Il faut aussi être poli avec la terre et avec le soleil
il faut les remercier le matin en se réveillant
il faut les remercier
Pour la chaleur
Pour les arbres
Pour les fruits
...
Mais j'ai peur que ce texte soit mal compris des gentils de tout bord. Prévert a-t-il écrit ce texte pour tous ceux qui regarde ailleurs pendant que se déroulent les malheurs du monde ?
Beaucoup publie uniquement la partie II (voir partie I post d'hier) et ne publie pas les dernières strophes :
En somme pour résumer
Deux points, ouvrez les guillemets :
" Il faut que tout le monde soit poli avec le monde ou alors il y a des guerres ... des épidémies ...des tremblements de terre
des paquets de mer ... des coups de fusil ...
Et de grosses méchantes fourmis rouges qui viennent vous dévorer les pieds pendant qu'on dort la nuit. "
16 mai 2009
Monsieur Sarkozy, je vous vois
« Sarkozy, je te vois » est donc une insulte. C'est une évidence : premièrement on dit Monsieur et deuxièmement on ne tutoie pas les gens sans leur permission. Il y a vraiment une utilisation de l'impolitesse comme outil de contrôle. Selon la théorie de l'évolution de la tolérance zéro : insécurité = incivilité = impolitesse.
Doit-on pour autant prôner le refus systématique de la politesse? Au contraire, même ?
Soyez polis
partie 1 de Jacques Prévert
I
Couronné d'étincelles
Un marchand de pierre à briquet
Elève la voix le soir
Dans les couloirs de la station Javel
Et ses grands écart de langage
Déplaisent à la plupart des gens
Mais la brûlure de son regard
Les rappelle à de bons sentiments
Soyez polis
Crie l'homme
Soyez polis avec les aliments
Soyez polis
Avec les éléments avec les éléphants
Soyez polis avec les femmes
Et avec les enfants
Soyez polis
Avec les gars du bâtiment
Soyez polis
Avec le monde vivant.
08 mars 2009
Quatre-vingt-quinze fois sur cent
J'aimerais être le pornographe du webographe mais je ne suis que cerise. S'il fallait un maitre, j'aurais aimé être son ami. Doit-on vraiment préciser que ce texte est de Georges Brassens. Pour moi la fête de la femme c'est ici et bien sur dans les liens les insoumises.
La femme qui possède tout en elle
Pour donner le goût des fêtes charnelles
La femme qui suscite en nous tant de passion brutale
La femme est avant tout sentimentale
Main dans la main les longues promenades
Les fleurs, les billets doux, les sérénades
Les crimes, les folies que pour ses beaux yeux l'on commet
La transporte, mais...
Quatre-vingt-quinze fois sur cent
La femme s'emmerde en baisant
Qu'elle le taise ou le confesse
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses
Les pauvres bougres convaincus
Du contraire sont des cocus
A l'heure de l'oeuvre de chair
Elle est souvent triste, peuchère
S'il n'entend le coeur qui bat
Le corps non plus ne bronche pas
Sauf quand elle aime un homme avec tendresse
Toujours sensible alors à ses caresses
Toujours bien disposée, toujours encline à s'émouvoir
Elle s'emmerde sans s'en apercevoir
Ou quand elle a des besoins tyranniques
Qu'elle souffre de nymphomanie chronique
C'est elle qui fait alors passer à ses adorateurs
De fichus quarts d'heure
Quatre-vingt-quinze fois sur cent
La femme s'emmerde en baisant
Qu'elle le taise ou le confesse
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses
Les pauvres bougres convaincus
Du contraire sont des cocus
A l'heure de l'oeuvre de chair
Elle est souvent triste, peuchère
S'il n'entend le coeur qui bat
Le corps non plus ne bronche pas
Les "encore", les "c'est bon", les "continue"
Qu'elle crie pour simuler qu'elle monte aux nues
C'est pure charité, les soupirs des anges ne sont
En général que de pieux mensonges
C'est à seule fin que son partenaire
Se croie un amant extraordinaire
Que le coq imbécile et prétentieux perché dessus
Ne soit pas déçu
Quatre-vingt-quinze fois sur cent
La femme s'emmerde en baisant
Qu'elle le taise ou le confesse
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses
Les pauvres bougres convaincus
Du contraire sont des cocus
A l'heure de l'oeuvre de chair
Elle est souvent triste, peuchère
S'il n'entend le coeur qui bat
Le corps non plus ne bronche pas
J'entends aller bon train les commentaires
De ceux qui font des châteaux à Cythère
"C'est parce que tu n'es qu'un malhabile, un maladroit
Qu'elle conserve toujours son sang-froid"
Peut-être, mais les assauts vous pèsent
De ces petits m'as-tu-vu-quand-je-baise
Mesdames, en vous laissant manger le plaisir sur le dos
Chantez in petto...
Quatre-vingt-quinze fois sur cent
La femme s'emmerde en baisant
Qu'elle le taise ou le confesse
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses
Les pauvres bougres convaincus
Du contraire sont des cocus
A l'heure de l'oeuvre de chair
Elle est souvent triste, peuchère
S'il n'entend le coeur qui bat
Le corps non plus ne bronche pas.
25 janvier 2009
La pute invisible
C'est dimanche, jour sans messe, on ne pense pas par soi même un dimanche, on écoute l'évangile. C'est un jour sans pute, mais tous les jours sont des jours sans putes. Les putes n'existent pas pourquoi en parler. Qui en parle ? Une femme de trente ans, prostituée , a fait plusieurs mois de détention
préventive et s’est vue condamner à rembourser 2031 euros à la CAF
ainsi qu’une amende de 2000 euros pour perception indue du RMI. Alors que tous son salaire était présuré par son proxo (les précaires). Dans le Monde (pas le journal, le monde tout simplement) on ne parle pas de ces choses là, de toute façon ma femme est une pute mais elle n'a qu'un seul client, son mari.
Bien que ces vaches de bourgeois,
Nous appellent les filles de joie,
C'est pas tous les jours qu'on rigole,
Parole, parole,
C'est pas tous les jours qu' on rigole,
Car, même avec des pieds de grue,
Faire les cents pas dans la rue,
C'est fatiguant pour les guiboles,
Parole, parole,
C'est fatiguant pour les guiboles,
Non seulement, on a des cors,
Des oeils de perdix, mais encore,
C'est fou ce qu'on use comme groles,
Parole, parole,
C'est fou ce qu'on use comme groles,
Y'a des clients, y'a des salauds,
Qui se trempent jamais dans l'eau,
Faut pourtant bien qu'on les cajole,
Parole, parole,
Faut pourtant bien qu'on les cajole,
Qu'on leur fasse la courte échelle,
Pour monter au septième ciel,
Les sous, croyez pas qu'on les vole,
Parole, parole,
Les sous, croyez pas qu'on les vole,
On est méprisées du public,
On est bousculées par les flics,
Et menacées de la vérole,
Parole, parole,
Et menacées de la vérole,
Bien que toute la vie, on fasse l'amour,
Qu'on se marie vingt fois par jour,
La noce, c'est jamais pour notre fiole,
Parole, parole,
La noce, c'est jamais pour notre fiole,
Fils de pécore et de minus,
Ris pas de la pauvre Vénus,
La pauvre vieille casserole,
Parole, parole,
La pauvre vieille casserole,
Il s'en fallut de peu, mon cher,
Que cette putain ne fut ta mère,
Cette putain dont tu rigoles,
Parole, parole,
Cette putain dont tu rigoles,
Bien que ces vaches de bourgeois,
Nous appellent les filles de joie,
C'est pas tous les jours qu'on rigole,
Parole, parole,
C'est pas tous les jours qu'on rigole...
Découvrez Barbara!
14 décembre 2008
Un air de liberté
Un dimanche de liberté. La liberté, on est souvent jaloux de celle des autres. Et parfois on préfère perdre notre petit air de liberté et emmerder ceux pour qui le vent de la liberté est un souffle violent.
Découvrez Django Reinhardt!
Découvrez Lakatos!
16 novembre 2008
99 pas
Dimanche de novembre, je dois travailler plus mais c'est le chômage technique. Plutôt que Mickael Vendetta ou Noir désir, je vous propose Batlik. Il faut bien choisir nos références.
Aux premières lueurs du jour
qui percent la salle de bain
il fixe le sol de son regard lourd
avant de passer ses deux mains
Sous le filet d'eau froid
le calme alors disparaîtra
laissant la place au réveil
et à toutes les emmerdes
de la veille
Il l'aime tant cet instant précis
l'instant juste avant aujourd'hui
lorsque le petit matin blanc
s'approprie tout l'appartement
Un café dans une main
dans l'autre un morceau de spliff éteint
il regarde sa voisine d'en face
sa petite marie pleine de grâce
En la regardant dormir
il en oublie que c'est lui qui est debout
et que son avenir
est déjà dans la gueule du loup
Dettes crédits...
on vous a pourtant expliqué
fallait regarder avant de signer
Et une balle dans la tête
du type de chez sofinco
est ce que ça a un intérêt
et si oui à quel taux
Pendre par les pieds
chaque maire de chaque
commune huppée
si il ne construit pas plus tôt
de bons et beaux logements sociaux
Expliquer à celui qui ne le sait pas
qu'on est soit mort soit hors la loi
en respectant leurs minima
Dire qu'avec un RMI on ne vit pas
peut être dans le fond du Berry
mais à Paris sûrement pas
Parfois l'envie de tuer
s'empare de sa tête excédée
peut être que la mort d'autrui
pourrait apaiser ses ennuis
il pense alors à des cibles
l'état le fric les flics la bible
quelque chose pour son père
quelque chose pour sa mère
Il pense que dans une dernière
danse et pour apaiser sa vengeance
il bâtira son avenir
en disant payez ou je tire
Mais l'avenir appartient
à ceux qui se lèvent tôt
c'est ce que dit l'assistante sociale
chaque fois qu'il quitte son bureau
La France travaille les 3/8
pour combler son déficit
et chaque français se lève tôt
pour pouvoir payer ses agios
Et la voisine d'en face
n'est qu'une farce dans une glace
payée 2000 euros
pour nous montrer ce qui est beau
Il l'aime pas cet instant précis
c'est maintenant que commence aujourd'hui
il compte chacun de ses pas
avant d'arriver jusqu'en bas
99 fois
99 pas
l'étrange impression de s'enfoncer
avant de commencer la journée
Batlik (Utilité 2007 « à brûle pourpoint... »)
Batlik : Guitare, voix, choeur, CX3
Jean Marc Pelatan : Basse
Sébastien Brun : Batterie
Découvrez Batlik!
15 novembre 2008
Ca passe pas. Passe Quoi ?
"La France cache bien des choses au fond de son sac à secrets,
De sombres histoires étatiques comme son service d’action civique.
Comme un honnête prisonnier qui échangerais sa liberté contre de petite compromission
Services rendu à la Nation.
Je trafique, tu trafiques, nous trafiquons,
Mais eux en ont le droit, parce qu'ils le font pour l’Etat.
Politique et voyoucratie se mêlent se fondent et puis se lient.
Comme le fait l’orgeat dans l'anis.
Un vieil élu de la République, caché dans les fins fonds de Neuilly,
Cultive encore la nostalgie du temps où la dame blanche Marseillaise
Traverse l’Atlantique, et s’en allée polluer les veines de l’Amérique.
Mais il se console bien vite, parce que c'est son équipe à lui qui encore aujourd’hui,
Tient bon les rênes de notre beau pays."
(....)
Un monde meilleur
Ne serait pas un monde
Où les voyous n’existeraient pas.
Un monde meilleur
Ce serait un monde
Où ils ne fréquenteraient pas l’Etat
Batlik (Assis là 2005 « a brûle pourpoint »)
Batlik : voix, guitare, clavier
JM Pelatan : Basse, clarinette
Découvrez Batlik!
26 octobre 2008
Les enfants qui s'aiment
Dimanche, nos grands enfants s'ennuient au pied de nos immeubles, s'ils peuvent faire une connerie, nous aurons aucune tolérance, et nous leur promettrons la prison. Mais les prisons sont pleines, alors nous seront fermés comme des portes de prison pour fêter leurs retours. Une seule chose leur est interdite, l'amour, il est interdit de s'aimer au pied de nos immeubles.
Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s'aiment
Ne sont là pour personne
Et c'est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l'éblouissante clarté de leur premier amour
Jacques Prévert