Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog libertaire et anarchiste de NicoCerise
Publicité
22 septembre 2008

Brut

Toute la journée à chercher à comprendre les conséquences du plan Paulson. Rien, échec. Et puis ce message envoyé par un lecteur (lectrice) venant des mots de Parkane. Ma culture de la poétique est limitée et celle-ci m'ouvre une porte. Est-ce parce qu'elle vient d'Ecosse ? Merci Ouanda.

THE COME-ON
Douglas Dunn 1979 Barbarians
Traduction envoyée par
ouanda

d'avoir vu l'âme de mon peuple
touchée des doigts par les êtres sans cœur
ranime l'amère exsudation de ma rancune.
Le simple suintement du "milieu"
reprend le dessus effaçant les quelques nourritures
que l'intellect avait reçu de l'école ou des livres,
ou ce qu'il avait accumulé en questionnant le monde.
Des textes enchanteurs, objet d'amour,
passés au crible pour y trouver le mandat généreux
d'avoir foi en celui que je suis,
en ce que j'ai vécu et ressenti, pourraient tout aussi bien
ne pas exister dés lors que des êtres vils
surviennent avec leurs histoires de "charbon dans la baignoire"
ou se gaussent de votre accent.
Même aujourd'hui je suis embarrassé
face à moi-même, face à ma candeur.
écoutez maintenant les "professions libérales
réaffirmer leurs droits":
possession de la terre, propriété du travail,
"niveau de vie" convenable.
Dans un bip-bip de petits vers, de romans-loisir,
de noire circulation à Oxbridge
-livres et bicyclettes : bile du succès-
des hommes en vêtement de prunelle
déclinent leurs titres, et leur culture nous domine,
une culture faite de connivence,
d'"autorité", d'artifices pour une doucereuse récupération.
où est donc la " Poésie"?.
Mes frères, nous n'avons pas de culture, à ce qu'ils disent.
Nous ne sommes pas de la bonne société.
Notre niveau, c'est le populaire, les médias,
les colonnes à sensation.
A moins d'entrer par la porte étroite
ménagée dans le mur qu'ils ont construit,
pour les rejoindre dans la "tradition désintéressée"
des thés , des distiques arrosés
de xérès, et des remarques décantées, pontifiantes.
C'est pourquoi nous les assourdirons
avec le staccato monotone de nos machines à écrire.
Mais conduisez-vous correctement-
menaces et rossées n'y feront rien: ils l'emportent en nombre.
Continuez à boire de la bière s'il le faut,
mais apprenez à reconnaître un bon vin d'un autre-
notre honnêteté est ruse.
Nous les vaincrons par les bienséances, les belles manières,
aussi retorse que le langage.
Prenez le thé aux séminaires avec le fils du roi-
il ne s'apercevra de rien.
Exploitez votre savoir comme le mime son visage.
Sachez distinguer un couteau d'un autre.
Vous perdrez courage mais ne le montrez pas; soyez patients;
Et installez-vous sur le haut mur, assis
sur les tessons de bouteilles acérés et les barbelés,
à regarder les jardiniers.
Un jour nous sauterons dans le jardin,
et nous ouvrirons grande, très grande la porte.
Nous aussi nous serons fils de rois et gardiens,
et alors il n'y aura plus de murs:
notre rancune paraîtra étrange, terrible.

Publicité
Commentaires
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Archives
Publicité
Publicité