Tarnac la piste de la falsification
Tarnac était jusqu'à présent dénoncé comme une opération médiatico-policière au profit du pouvoir politique, le ministère de l'intérieur Michèle Alliot Marie ayant cru bon de se faire mousser avec cette histoire.
La piste de la falsification est aujourd'hui ouverte par les avocats. Cette piste est puissamment relayé par les 2 journalistes du Monde [Isabelle Mandraud et Caroline Monnot - LE MONDE | 26.11.09] que j'avais critiqué ici il y a quelques semaines pour leur article creux sur les autonomes.
“On est au-delà du fiasco judiciaire, on est dans le scandale d’Etat”, a lancé, mercredi 25 novembre, Me William Bourdon. (...) “Le gouvernement a pris la responsabilité d’ordonner des enquêtes en incitant les policiers et les juges à se montrer peu scrupuleux afin de donner consistance à quelque chose qui n’existe pas”, a affirmé Me Thierry Lévy. “Les policiers ont inventé, c’est le fruit de leur imagination “, a renchéri son confrère Jérémie Assous.
“On est dans la présomption très sérieuse de falsification de preuves” (...).
Les avocats qui réclament dans la foulée un “non-lieu rapide”, ont adressé coup sur coup deux notes au juge du pôle antiterroriste Thierry Fragnoli. Dans la première, datée du 29 octobre, ils dénoncent des “incohérences” et des “anomalies” Bourdon, en décrivant une contenues, selon eux, dans le procès-verbal D104 établi par la police de lutte antiterrorisme (SDAT). Ce procès-verbal est relatif à la filature du couple Julien Coupat, Yildune Lévy dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 au cours de laquelle a eu lieu un sabotage sur une caténaire de la ligne TGV Est. Dans la seconde note, du 25 novembre, les avocats réclament l’audition, en leur présence, du témoin sous X…, dont ils estiment que les déclarations fondent, pour l’essentiel, l’incrimination terroriste.
Revenons maintenant dans le temps lointain de la victoire de François Mitterrand au pouvoir. Il a comme les autres besoins d'une police d'état, le tryptique Napoléon/Fouché/Taleyrand est éternel pour les machaviels du pouvoir.
Après l’attentat de la rue des Rosiers, 9 août 1982, Mitterrand saisit l’occasion de justifier la création de sa cellule antiterroriste. Le 28 août 1982, Paul Barril arrête les poseurs supposés de la bombe de la rue des Rosiers: des nationalistes Irlandais, les désormais célèbres Irlandais de Vincenne. A 20 heures, l'Elysée annonce avec triomphe que «deux arrestations jugées importantes ont été opérées aujourd'hui en France dans les milieux du terrorisme international» et que «des documents et explosifs ont également été saisis». Le hic, c'est que c'était le capitaine Paul Barril qui avait apporté lui-même au domicile de Plunkett les pièces à conviction, armes, explosifs et documents.
Ce retour arrière pour méditer sur les leçons de cette histoire :
- Une nouvelle autorité policière veut souvent des résultats rapides, pour Tarnac il s'agit de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI)
- Il faut douter des enquêtes rapides.
- Les ministres concernés ne sont jamais démissionnaires
- Les responsables les plus hauts placés ne craignent rien. On trouve un lampiste.
Pas d'Alliot Marie Démission cela ne sert à rien.
Par contre si quelqu'un peut prouver qu'elle a eu un cunnilingus par un jeune stagiaire du ministère cela aurait de la gueule et on pourrait rigoler un petit peu.