Les écuries d'Augias
J'ai extrait quelques vers du poème les écuries d'Augias de Sully Prudhomme que j'adresse
Aux élus bretons et à France Nature Environnement et à Toréador exploitants de pétroles de schiste pour ces vers Et l’or qui n’est plus rien quand la terre est sans fruit
A Nicolas Sarkozy et à ses fils Le roi, dans son palais enfermé tout le jour, Laissait gronder le peuple et s’étourdir la cour,
A Arnaud Montebourg, Martine Aubry et Jean-Noël Guérini Qui n’ose pas lutter avec le dégoût même Connaît encor la crainte et n’est pas vraiment fort ,
A Marine Le Pen dont le seul prénom adoucit le patronyme Qu’un autre à se salir triomphe ! j’ai ma gloire.
Mais je dédis surtout ces vers à toi Enfant qu’un peu de glaise amuse, aime toujours ; Dans le temps de rapine et de meurtre où nous sommes, Il en faut comme toi pour adoucir les hommes.
Augias, roi d’Élis, avait trois mille bœufs.
(...)
Le roi, dans son palais enfermé tout le jour,
Laissait gronder le peuple et s’étourdir la cour,
Et, pendant que ses fils, beaux, et fiers de leur âge,
Présomptueux, traitant la mort avec outrage,
Se gorgeaient à grand bruit de viande et de boisson
Et dévoraient d’un coup la dernière moisson,
Inutile témoin du mal qui l’environne,
Il pesait tristement ses trésors, la couronne
Qui ne conserve pas ce qu’un fléau détruit,
Et l’or qui n’est plus rien quand la terre est sans fruit.
(...)
— « Qui n’ose pas lutter avec le dégoût même
Connaît encor la crainte et n’est pas vraiment fort,
Dit Hercule ; pour moi, j’affronterai la mort,
Qu’on la nomme lion ou qu’on la nomme peste.
Chasseur, lutteur, restez ; dompteur de chevaux, reste ;
Et toi surtout demeure, ami des beaux contours,
Enfant qu’un peu de glaise amuse, aime toujours ;
Dans le temps de rapine et de meurtre où nous sommes,
Il en faut comme toi pour adoucir les hommes.
J’irai seul. » Il partit, laissant les orgueilleux
Lui lancer par dépit d’ironiques adieux ;
Et seul Philée en pleurs sentait pour tous la honte.
Le vieux roi, qui trouvait au dévoûment son compte,
Sourit : « Va, » lui dit-il. Et le long du chemin
Le peuple saluait l’aventurier divin.
(...)
« Air sacré, jour sacré, lorsque nous vous goûtons,
Nous ignorons, dit-il, quels bienfaiteurs vous êtes,
Gaîté des vagabonds et force des athlètes ! »
(...)
Paye-toi sur les morts.
(...)
Couronna le plus jeune, épris de l’art sacré,
Parce qu’au lieu de rire il avait admiré.
Il sortit du palais, rouge et plein de colère,
En criant : « Je suis las des peines sans salaire ! »