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Le blog libertaire et anarchiste de NicoCerise
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18 janvier 2011

La fête au bouc ou la chute de Ben Ali

Aujourd'hui 18 janvier 2011, la république tunisienne a fait quelques pas supplémentaires vers son enracinement. Les tunisiens sont retournés travailler, on a assisté à la première crise ministérielle, la Tunisie quitte pas à pas le régime de la méfiance.

Je retiens ce message :

@Emnabenjemaa meme pas une semaine depuis la fuite de ben ali, j'ai l'impression que ca fait un siecle

 

18 janvier, cela fait un mois le 17 décembre que Mohammed Bouazizi s'est donné la mort il décédera de ses blessures le 4 janvier 2011. Il entraînera avec lui le bouc Tunisien.

Le 10 décembre 2010 Mario Vargas Llosa recevait le prix Nobel de littérature pour son oeuvre dont La fête au bouc.

La fête au bouc décrit le régime et la personnalité Rafael Leonidas Trujillo, dictateur de Saint-Domingue entre 1930 et 1961 et son assassinat. Il donne vie à ses assassins et à sa fille.

C'est le tableau d'une satrapie érigée en paradigme de toutes ces semblables est un roman exemplaire, au sens le plus élevé du terme

Extrait des pensées d'un des assassins lors de l'attente précédant le meurtre.

Le désenchantement, dans son cas, fut graduel, long et secret,très antérieur aux conflits politiques de son frère Segundo, quelqu'un qui avait été encore plus trujilliste que lui. Qui ne l'était pas autour de lui, vingt, vingt-cinq ans auparavant ? Tous considéraient le bouc comme le sauveur de la patrie, celui qui avait mis un terme aux guerres des chefs et au péril d'une nouvelle invasion haïtienne, celui qui en avait fini avec la dépendance humiliante des Etats-Unis (...) Qu'est-ce que ça pouvait faire, en face de cela que Trujillo s'envoie les femmes qu'il voulait ? Ou qu'il est accumulé les usines, les haciendas et les troupeaux ? Ne faisait-il pas croître la richesse dominicaine ? (...)

C'est ce malaise, pendant des années, de penser une chose et d'en faire chaque jour une autre la contredisant, qui le poussa, toujours dans le secret de son esprit, à condamner à mort Trujillo, à se convaincre que, tant qu'il vivrait, lui et quantité de Dominicains seraient condamnés à cet horrible malaise et à ce dégoût de soi-même, à se mentir à chaque instant et à tromper tout le monde, à être deux en un, un mensonge public et une vérité privée interdite d'expression.

 

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